1. Histoire des Chams
2. La poterie Cham
3. Le tissage traditionnel Cham
4. La fabrication de la laque
C’est dans l’esprit de développer l’économie locale en valorisant les cultures des minorités ethniques que la Société OREN’JI pratique une politique d’approvisionnement particulière. Elle veut favoriser le savoir-faire de l’ethnie des Chams et des artisans vietnamiens. Dans le respect de l’environnement, la Société OREN’JI a sélectionné des produits fabriqués avec des matériaux naturels tel que la poterie, le tissage traditionnel ainsi que la fabrique de la laque dans la province de Binh Duong.
Nous pratiquons un commerce dit « équitable ». En effet, nous voulons les aider, les faire connaitre en communicant sur leurs savoir-faire. Nous possédons un partenariat avec eux. Actuellement ils ne disposent que de la recette de leurs fabrications, nous leur proposons d’augmenter leurs recettes en évitant les grossistes et autres intermédiaires.
Nos actions se concentrent autour de l’ethnie Cham, tout particulièrement dans le domaine de la poterie et du tissage traditionnel du brocart ou « thô câm » qui sont les métiers traditionnels des Chams. Nous voulons contribuer à honorer la culture Cham, une fraction de la culture multiforme du Vietnam.
Et pour finir, nous développons avec le soutien des partenaires locaux, la fabrication de la laque. Un art millénaire, une spécialité vietnamienne et surtout celle des artisans de la province de Binh Duong, capitale de la laque vietnamienne.
1. Histoire des Chams
Civilisation ancestrale composée de nos jours d’une centaine de milliers de personnes, les Chams possédaient au IIème siècle un royaume s’étendant du Centre au Sud du Vietnam.
Le matriarcat est toujours la règle chez cette ethnie qui vit essentiellement de l’agriculture et de l’artisanat, notamment de la fabrication de céramiques, du tissage et de la pêche. Les céramiques Cham sont réputées non seulement pour leur qualité et leur commodité, mais aussi pour leur originalité. Les produits textiles sont variés et témoignent de la minutie et la dextérité des femmes Chams. La culture Cham a donné naissance à de véritables chefs-d’œuvre architecturaux, érigés au temps où cette ethnie formait un royaume à part entière: Le Champa.
Les Chams font partie de la communauté des 54 ethnies du Vietnam. On dénombre quelques 133.000 Chams, repartis le long du littoral du Centre, du Nam Bô oriental et occidental. L’ethnie Cham comprend différents groupes: Cham-brahmanique, Cham–hroi ou Cham–bana et Cham-islamique.
Leur art et les architectures de leur construction sont teintés à la fois d’un mélange de culture hindouiste, islamiste et bouddhiste. Originaire de la Polynésie, ils ont été influencés par les marchands indiens, musulmans et chinois, ainsi ils pratiquent l’hindouisme ou l’Islam.
Les Chams sont fiers de leurs vieux temples ornés de motifs en grès d'une grande finesse. Construits avec des briques assemblées sans mortier, ces vestiges en forme de tours défient le temps et les intempéries. La plupart des temples étaient dédiés aux rois Cham ainsi qu'à la divinité qui leur était associée, le plus souvent Shiva, fondateur et gardien des dynasties du royaume. Autre richesse culturelle des Chams: leur danses, variées et originales. Les plus anciennes sont exécutées lors des fêtes, telles que la danse doa pu (la danseuse portant un vase d’eau sur la tête), celles des éventails, des ballons, des tambours ba-ra-nung, des rameurs… La danse des ballons, la plus expressive, a une signification religieuse. Elle est accompagnée par 2 tambours (ba-ra-nung) et un instrument à vent (sa-ra-nai).
Nous retrouvons l’habilité et le talent des Chams dans leur style ethnique original. Utilisant principalement la brique pour la construction de leur temple ou la terre cuite pour leur sculpture et les objets, ils créent une singularité dans chacune de leurs œuvres. Avec des monuments égalant ceux d’Angkor au Cambodge, l’art Cham fait parti intégrante du patrimoine du Vietnam.
Nous retrouvons l’habilité et le talent des Chams dans leur style ethnique original. Utilisant principalement la brique pour la construction de leur temple ou la terre cuite pour leur sculpture et les objets, ils créent une singularité dans chacune de leurs œuvres. Avec des monuments égalant ceux d’Angkor au Cambodge, l’art Cham fait parti intégrante du patrimoine du Vietnam.
Histoire du village de Bau Truc
Auparavant, le village était nommé Paley Hamu Trok par le peuple Cham ou Ma Tro par le peuple vietnamien. Sous la dynastie du roi Minh Mang, il était connu administrativement sous le nom de Vinh Thuân. Après une grande inondation en 1964, Vinh Thuan a été déplacé de 2 km, sur un terrain plus élevé, à proximité d’un grand lac entouré par des haies phyllostachys (une sorte de bambou), d’où son som Bau Truc.
2. La poterie Cham
« De l’argile à l’art, la poterie est le fruit de la transformation de la terre par le feu ».
Pour leurs poteries, les villageois extraient du sable fin de la rivière, le mélange avec de l’argile pour créer une matière première unique. Cette matière est travaillée puis malaxée afin d’obtenir une pâte homogène et malléable. Elle est ensuite modelée et sculptée à la main pour créer ces objets surprenants qui font le prestige de l’art Cham. Les poteries sont ensuite séchées à l’air libre pendant au moins deux semaines, elles sont de couleurs blanches grisées. Elles prennent leur teinte couleur terre ou noire lors de la cuisson dans un four à bois qui demande une attention particulière. En effet, la température doit être maintenue à environ 800 degrés pour garantir la résistance des poteries. Toutes les étapes de production, depuis le séchage et le trempage des matériaux, le pétrissage de l’argile avec du sable, jusqu’à la mise en forme et la décoration avant la cuisson se font à la main.

« Dans le village, les mères apprennent généralement à leurs enfants dès l’âge de 10 ans les techniques de la poterie, afin qu’ils deviennent de bons artisans. Ainsi, le métier se transmet de génération en génération », a dit Mme Dang Thi Gia, une artisane qui a plus de 50 ans d’expérience. Il existe environ 260 familles pratiquant ce métier, dont 32 spécialisées dans les céramiques d’art destinées au marché intérieur.
M. Phu My Thuan est l’un des artisans les plus connus du village dans la fabrication des statuettes et bas-reliefs. Avec des outils rudimentaires comme une cuillère en acier inoxydable, un petit couteau usé etc., il a créé des œuvres imprégnées des caractéristiques culturelles du peuple Cham. Par exemple, ses bas-reliefs intitulés « Le magicien pinçant les cordes du panhi près d’une femme médium sollicitant la divinité » et « le joueur de tambour paranung et la danseuse avec un éventail à papier » sont inspirés de cérémonies musicales du peuple Cham et la physionomie des personnages, leurs costumes et leurs instruments de musique sont sculptés jusque dans les moindres détails.
La société OREN’JI achète à un juste prix les poteries et autres céramiques aux artisans de Bau Truc, et surtout à M. Phu My Thuan à Bau Truc dans la province de Ninh Thuân, situé au centre du Viêt-Nam.
M. Phu My Thuan pratique un métier artisanal presque unique en la matière dans le Sud-est asiatique, dont l’origine remonte au règne du roi Cham Poo Klong Gia Rai (1151-1205).
3. Le tissage traditionnel Cham
Dans un ancien village au bord de la rivière Nhuê, à proximité du bourg de Phuoc Dan, chef-lieu de la province de Ninh Phuoc, les métiers à tisser claquent de génération en génération, malgré les vicissitudes de la vie. 
Luu Quy Don, âgée de 62 ans, se rappelle toujours le tissage du brocart au début du siècle. "Pour le tisser, il fallait un métier de 3 m de long et plus haut qu'une personne debout. Son maniement exigeait deux ouvriers.
Ce tissu devait avoir une couleur pour les fils verticaux, cinq couleurs pour les fils horizontaux (jaune, blanc, bleu, violet et rouge). Les motifs ornementaux étaient très compliqués", raconte-t-elle.
Les habitants du village pratiquent la riziculture. Les habitants n'acceptent pas que le métier traditionnel se dégrade. S'ils font n'importe quel travail pour gagner leur pain, ils encouragent leurs voisins à rester au village pour permettre la renaissance du métier traditionnel. C'est le cas de Nguyên Van Huu, responsable de la coopérative Nam Phuoc, qui vit au village depuis 70 ans. Il figure parmi les gens qui tiennent au village.
"J'ai beaucoup souffert en regardant les métiers à tisser partir. Chaque nuit quand je me lève, je cherche à discerner les bruits du tissage." Longtemps délaissé, les métiers à tisser refond leur appariation.

La démarche d’OREN’JI est de les aider à se développer en harmonie avec leur environnement. C’est pourquoi, nous sélectionnons des produits issus du tissage traditionnel Cham dans notre programme de commerce équitable. Le point clé de ce projet réside dans la synergie que dégagent le maintien et la diffusion des cultures et des traditions tout en stimulant le développement économique local. Travailler en parfaite adéquation avec nos valeurs qui sont basé sur l’échange et l’en aide afin de vivre en harmonie avec notre environnement, C’est là le moteur de notre motivation et qui donne le sens à nos actions.
4. La fabrication de la laque, un art ancestral vietnamien

La laque est un art millénaire, une spécialité vietnamienne et surtout celle des artisans de la province de Binh Duong, capitale de la laque vietnamienne. Nous avons visité la région, nous nous sommes arrêtés à l’atelier de Mme Thanh dans la province de Binh Duong. Ce qui nous attire dans cette localité c’est cet air, cette ambiance du début du siècle. Leur accueil et leur enthousiasme nous ont séduits. Nous allons mettre en place avec eux un partenariat, un processus d’échange culturel et commercial afin de développer l’économie locale et d’améliorer ainsi leur condition de vie.
La laque est une résine extraite d’un laquier. Nos artisans utilisent le Toxicodendron succedanae, une variété présente au Vietnam. Après avoir incisé le tronc de l’arbre, ils récupèrent la résine qui en découle. À l’air libre, la résine noircit et se durcit pour constituer une protection efficace pour tous les bois contre l’humidité, les éraflures et les acides. Un long processus s’ensuit pour obtenir une laque de qualité. La résine doit être décantée pendant un ou deux mois et la couche supérieure, de meilleure qualité, sera conservée pour la dernière phase de laquage. Des pigments sont rajoutés pour obtenir une palette diversifiée de couleurs.
De nombreux supports en bois peuvent être utilisés, comme le bois de jacquier, le bambou, le contreplaqué ou l’aggloméré. Nos artisans utilisent à contrario, de la fibre de verre, qui offre une résistance plus importante aux chocs et à l’eau.
Commence alors la pose de la laque, une couche de colle naturelle et de la laque brute sont appliquées sur les moules en fibre de verre. Après séchage, une deuxième couche est ajoutée et une étoffe tendue est collée. Une dizaine de couches de laque sera alors appliquée espacée par un long temps de séchage à l’air libre d’environ trois à quatre mois. Chaque couche est poncée et polie.
Suite à ce long processus, les artisans peuvent alors dessiner les fonds pour les dessins et y appliquer plusieurs couches de laque colorée. Pour les objets contenants des motifs en nacre, ceux-ci seront ciselés puis collés sur le support perforé.

La nacre sera ainsi incrustée dans le support. Lors de la phase finale, trois dernières couches sont appliquées, l’objet est ensuite frotté à la main jusqu’à l’obtention d’une laque brillante.
La fabrication de la laque suit des étapes très minutieuses et soigneuses. Elle demande des connaissances exactes sur la température, l’humidité, les outils à utiliser et les matières premières à employer. C’est un art ancestral de la culture vietnamienne.
Détenteurs d’un savoir-faire mondialement reconnu, mais inconnus du grand public et loin des débouchés, les petits ateliers n’arrivent pas à s’en sortir. Ils semblent être figés dans une autre époque. 
Nous voulons porter un coup de projeteur sur eux en communiquant sur leurs savoir-faire. Nous possédons un partenariat avec eux. Actuellement Mme Thanh ne dispose que de la recette de sa fabrication, nous lui proposons d’augmenter ses recettes en évitant les grossistes et autres intermédiaires. Nous lui commandons en quantité comme un grossiste, et elle nous les vendrait aux prix d’un détaillant du centre de Ho Chi Minh Ville.
Pour le lancement de notre activité dans la région de Binh Duong, notre société OREN’JI va promouvoir l’atelier de Mme Thanh. Par la suite, nous voudrions développer nos partenariats avec d’autres petits ateliers de fabrique de laque.


